DHT et perte de cheveux : comprendre le mécanisme hormonal chez l'homme
La chute des cheveux touche environ 50 % des hommes avant l’âge de 50 ans en France. Derrière ce phénomène courant se cache un mécanisme hormonal précis, dans lequel la DHT (dihydrotestostérone) joue un rôle central. Comprendre ce processus biologique est la première étape pour envisager des solutions adaptées et efficaces.
Qu’est-ce que la DHT ?
Une hormone dérivée de la testostérone
La dihydrotestostérone, ou DHT, est une hormone androgène produite à partir de la testostérone. Cette conversion est réalisée grâce à une enzyme spécifique appelée 5-alpha-réductase, présente dans plusieurs tissus du corps humain : la peau, le foie, la prostate et les follicules pileux.
La DHT est environ 2 à 3 fois plus puissante que la testostérone dans ses effets androgènes. Elle joue un rôle essentiel durant le développement pubertaire masculin — notamment dans la croissance de la prostate et le développement des caractères sexuels secondaires — mais elle peut aussi devenir problématique lorsqu’elle agit sur les follicules capillaires de certains hommes génétiquement prédisposés.
Pourquoi la DHT affecte-t-elle les cheveux ?
Tout dépend de la sensibilité génétique des récepteurs androgènes présents dans les follicules pileux. Chez les hommes prédisposés à l’alopécie androgénétique, les follicules du cuir chevelu — en particulier au niveau des tempes et du sommet du crâne — sont hypersensibles à la DHT. Cette sensibilité est héréditaire et peut être transmise aussi bien par la lignée maternelle que paternelle.
Le mécanisme hormonal de la chute des cheveux
La miniaturisation folliculaire
Lorsque la DHT se fixe sur les récepteurs androgènes des follicules pileux sensibles, elle déclenche un processus progressif de miniaturisation. Concrètement :
- Le follicule pileux rétrécit progressivement.
- La phase anagène (croissance active du cheveu) se raccourcit d’un cycle à l’autre.
- La phase télogène (repos et chute) s’allonge.
- Les cheveux produits deviennent de plus en plus fins, courts et dépigmentés.
- À terme, le follicule peut devenir totalement inactif, rendant la zone concernée définitivement chauve.
Ce processus se déroule sur plusieurs années, voire décennies, ce qui explique pourquoi la calvitie s’installe progressivement.
Les zones les plus touchées
La DHT n’agit pas uniformément sur l’ensemble du cuir chevelu. Les follicules situés au niveau des golfes temporaux et du vertex (sommet du crâne) sont les plus sensibles. En revanche, les follicules de la couronne occipitale (à l’arrière et sur les côtés) résistent naturellement à la DHT, ce qui explique pourquoi cette zone est préservée même en cas de calvitie avancée. C’est d’ailleurs ce principe biologique qui est exploité dans la greffe de cheveux.
L’alopécie androgénétique : chiffres et classification
Une cause très répandue
L’alopécie androgénétique (AGA) représente plus de 95 % des cas de chute de cheveux chez l’homme. En France, on estime que :
- 1 homme sur 5 présente des signes de calvitie dès la vingtaine.
- 1 homme sur 2 est concerné à 50 ans.
- 4 hommes sur 5 le sont à 70 ans.
L’échelle de Hamilton-Norwood
Les médecins évaluent le stade de la calvitie à l’aide de l’échelle de Hamilton-Norwood, qui comporte 7 niveaux allant du simple recul des golfes (stade I) à une calvitie totale du dessus du crâne (stade VII). Cette classification permet d’orienter le traitement le plus approprié.
Quelles solutions contre la DHT et la chute des cheveux ?
Les traitements médicamenteux
Deux molécules font référence dans la prise en charge médicale de l’AGA :
- Le finastéride (Propecia®) : inhibiteur de la 5-alpha-réductase de type II, il réduit la production de DHT d’environ 70 %. Disponible sur ordonnance en France, il est pris en comprimé quotidien. Il est important de noter qu’il n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie dans l’indication de l’alopécie androgénétique. Des effets secondaires sexuels (baisse de libido, dysfonction érectile) sont rapportés chez une minorité de patients.
- Le minoxidil : vasodilatateur topique (lotion ou mousse), il stimule la croissance capillaire sans agir directement sur la DHT. Disponible sans ordonnance, il constitue souvent un traitement complémentaire. Une version orale à faible dose est désormais utilisée hors AMM sous surveillance médicale.
⚠️ Tout traitement médicamenteux doit être discuté avec un dermatologue ou un médecin spécialisé en trichologie en France.
La greffe de cheveux : la technique FUE Saphir
Pour les stades avancés ou les hommes souhaitant une solution permanente, la greffe capillaire est la solution de référence. La technique FUE Saphir (Follicular Unit Extraction avec lames en saphir) représente aujourd’hui l’une des approches les plus avancées :
- Des lames en pierre de saphir remplacent les lames métalliques traditionnelles pour réaliser les incisions dans la zone receveuse.
- Elles permettent des incisions plus fines et plus précises, réduisant les microtraumatismes tissulaires.
- La cicatrisation est plus rapide et les résultats esthétiques plus naturels.
- Le principe repose sur le prélèvement de follicules résistants à la DHT (zone occipitale) pour les transplanter dans les zones chauves.
En France, la greffe capillaire n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale car elle est considérée comme un acte à visée esthétique. Le coût varie généralement entre 3 000 et 8 000 euros selon le nombre de greffons nécessaires.
Les alternatives complémentaires
D’autres approches peuvent soutenir la santé capillaire :
- La mésothérapie capillaire : injections de cocktails de vitamines et de minéraux dans le cuir chevelu.
- Le plasma riche en plaquettes (PRP) : injection d’un concentré de facteurs de croissance issus du propre sang du patient.
- Les compléments alimentaires : zinc, biotine, acides aminés soufrés — utiles en cas de carence associée, mais sans effet direct sur